20* Premier bilan.

Blog de pan-faunus :Oser changer de vie, 20* Premier bilan.

J'adore ce titre : « Premier bilan » car ce qui me vient directement à l'esprit en le lisant c'est qu'il devrait y en avoir au moins un second... Même si cet article est le dernier de cette aventure, celle-ci ne se termine pas, elle marque le début de notre nouvelle vie... Avant de développer ce volet, permettez-moi quelques réflexions sur la vie en Afrique du Sud. Loin de moi la prétention d'affirmer connaître le pays et ses habitants mais juste l'envie partager mes ressentis. A contrario de notre expérience Mexicaine, le contact que nous avons eu avec la population locale n'était pas un contact de touristes où les employés et/ou autochtones se sentaient obligés d'être aimables à excès pour nous contenter ou obtenir un quelconque pourboire, mais une relation naturelle sans hiérarchie aucune.

Un peu d'histoire :

L'Afrique du Sud a vécu sous le régime de l'apartheid de 1948 au 30 juin 1991. Cette politique ségrégationniste fut instaurée par la minorité blanche constituée essentiellement d'immigrants Néerlandais, Français, Scandinaves et Britanniques pour « se protéger » de la population noire. Un peu comme si, en Belgique, les immigrants Italiens, Arabes et d'Europe de l'Est créaient un parti pour se protéger des Belges en les excluant totalement de la vie quotidienne... non mais {#} !!!

Un homme s'érigera en force contre cette injustice, il s'agit de Nelson Mandela. Son parti, l'ANC luttera, pacifiquement, en vain contre l'apartheid avant de créer une branche armée en 1961 et de viser les installations publiques et militaires du pouvoir en place. Nelson Mandela sera arrêté par les services secrets Sud-Africain sur base de renseignements transmis par la CIA qui avait certainement besoin des faveurs de l'Afrique du Sud pour de sombres raisons économiques...
Comme souvent, ami un jour, ennemi le lendemain, nouvel ami ensuite... tout l'art de surfer sur la vague des intérêts !
Les USA sont coutumiers de ce genre d'exercice, pour rappel, ils ont été les premiers à armer un certain Oussama Ben Laden... D'autres ont également connu les infidélités Américaines, on se souviendra également de Saddam Hussein, Nicolae Ceausescu, Augusto Pinochet, Che Guevara, Mouammar Kadhafi,...pour ne citer que ceux qui me viennent directement à l'esprit mais la liste est bien plus longue encore !
Après plus de vingt-six années d'emprisonnement, Nelson Mandela sera enfin libéré sous la présidence de Philip de Klerk et deviendra même président d'Afrique du Sud de 1994 à 1999. (Bien qu'ayant partagé le prix Nobel de la paix avec Nelson Mandela, j'ai peine à croire que la libération du leader de l'ANC soit le fruit de la grande bonté de Philip de Klerk... Je penserais plus que Philip de Klerk a été acculé par la pression mondiale et les USA ont, certainement, une fois de plus joué un grand rôle dans cette décision...)

Malheureusement, au fil des ans, l'ANC a bien changé et il semblerait que de jeunes dirigeants aient profité du courant pour s'enrichir au détriment de la communauté noire. Mandela, peu à peu écarté de la scène politique, est devenu un vieil homme de 93 ans qui se consacre maintenant essentiellement à la lutte contre le SIDA qu'il avait négligé durant ses belles années...

La révolte est en marche et les slogans de l'opposition menée par Nceba Sodo et Mfundo Dlungwane font froid dans le dos. Le plus fort étant : « One bullet, one white infant »... une balle pour un enfant blanc ! Ils se justifient en expliquant que les jeunes blancs deviendront un jour adulte et qu'ils doivent être éliminés avant de devenir les oppresseurs de leur propre descendance...
Beaucoup pensent que la communauté noire ne se révolte pas par respect pour Nelson Mandela mais qu'à la mort de ce dernier, l'Afrique du Sud vivra des heures noires dans tous les sens du terme...

Croisons les doigts pour que, comme partout ailleurs dans le monde, aucun de ces extrémistes n'arrivent un jour au pouvoir...

Expériences vécues :

On imagine facilement que chaque partie du monde, chaque communauté ou peuplade soient différentes de la nôtre et l'Afrique du Sud ne fait pas exception à la règle. Sans faire de généralités simplistes, il me paraît évident que la plus grosse différence résulte de l'état d'esprit : « Hakuna matata » qui se traduit par « aucun souci ». Bien que, pour les puristes, étymologiquement, « Hakuna Matata » provienne d'un dialecte Kenyan...
Il n'empêche que cette philosophie de vie nous change diamétralement du stress quotidien dans lequel nous évoluons. Par ailleurs, cette différence (à laquelle on s'habitue très vite... {#} ), rend le retour au bercaille bien plus douloureux ! Après quelques minutes, le temps de récupérer vos bagages et de vous rendre au guichet de l'immigration, vous tombez nez à nez avec un bon douanier flamand quand il n'est pas flamingant, et qui, visiblement s'emmerde au boulot en attendant impatiemment la fin de journée. Avant qu'il ne prononce le moindre mot vous n'avez qu'une seule envie c'est de partir en courant reprendre un vol pour une destination très très lointaine... ! Rien à voir avec le «Welcome Home ! » adressé avec un grand sourire à l'égard des ressortissants Sud-Africain qui rentrent au pays !

Pour mieux comprendre encore l'ambiance de vie, sachez qu'en Afrique du Sud, lorsque vous allez au magasin, à la poste ou à la pompe essence par exemple, l'employé vous dit toujours « Bonjour » mais vous demande également comment vous allez. Il ne vous servira pas tant que vous ne lui aurez pas répondu et demandé à votre tour comment il allait. Et ce, même si il y a une grande file derrière vous. Toutefois, si vous ne répondez pas et ne demandez rien, ils finiront par vous servir mais tout le monde vous regardera d'un drôle d'air... ( Quel goujat ! {#}) Lorsque vous quittez le magasin, il sait généralement ce que vous faites et/où vous allez et vous gratifie d'un petit mot sympathique comme : « Amusez-vous bien à... » ou « Bon voyage jusque... » ou encore « Que Dieu vous garde »...

Outre cet aspect très positif et agréable, il est effrayant de constater que, même si le régime d'Apartheid a été aboli depuis plus de vingt ans maintenant, il l'a été dans les livres mais pas dans les esprits... {#} Les noirs vivent entre eux et les blancs aussi, la seule différence réside dans le fait que les noirs vivent dans les « townships» et les blancs dans les beaux quartiers entourés de parcours de golf. Lorsqu'un noir travaille c'est en général avec un balai dans la cour d'une famille blanche qui ne lui adressera la parole que pour se plaindre ou lui dire ce qu'il doit faire...

Le taux de chômage au sein de la communauté noire est très élevé et, pour calmer les esprits et étouffer toute révolte, le gouvernement a mis en place une politique d'embauche spécifique. C'est ainsi que de nombreux petits boulots ont été créés. Le pouvoir espère ainsi lutter contre les problèmes de drogues et d'alcoolisme dans les townships, mais également endiguer toute velléité de soulèvement populaire. Ces petits jobs ne constituent en réalité que de la poudre aux yeux car le faible salaire perçu permet juste aux employés de survivre sans, pour autant, les sortir de la misère dans laquelle ils vivent. Par contre, ces emplois leur procurent juste assez que pour avoir quelque chose à perdre en cas de révolte ce qui permet de les tenir tranquilles. L'Etat construit également de petites maisons qu'ils offrent aux familles vivant dans les townships. Elles font environ une trentaine de mètres carrés et sont toutes équipées d'un panneau solaire pour l'eau chaude. Aux abords des villes on peut voir les townships et juste derrière, des parcs de petits bungalows tous identiques en rang d'oignons. La communauté noire refuse malgré tout d'y vivre mais comme on leur offre, ils feignent d'accepter et sous-louent directement le bâtiment pour arrondir leurs fins de mois.

La phrase de Coluche prend ici tout son sens : «Ce qui est difficile dans les fins de mois c'est les trente derniers jours ! »

Parmi les emplois créés, vous retrouvez des postes aujourd'hui disparus chez nous, comme celui de pompiste... Lorsque vous arrivez à la pompe essence, vous ouvrez votre vitre et l'employé vous demande combien vous désirez. Après avoir enclenché la pompe, il vous demande s'il doit faire le pare-brise, vérifier vos niveaux ou encore laver votre pare-brise. C'est gratuit mais il espère ainsi percevoir une petite pièce supplémentaire. Ce qui est le plus marquant c'est que, s'il y a 10 pompes, il y a 10 employés, chacun responsable de la sienne !

En ville, un emploi d'aide au stationnement a été créé. Une personne est responsable de 5 places maximum. Lorsque vous vous parquez, il vous aide et lorsque vous quittez votre emplacement, il arrête la circulation pour vous permettre de repartir sans encombre. Là aussi, si la rue dispose de 50 places de parking, il y a 10 employés, chacun responsable de 5 voitures. Les blancs vous diront que ça ne sert qu'aux noirs qui ne savent pas conduire... {#}

Ici, lorsque nous faisons des travaux de voirie et qu'une bande de circulation est supprimée, on place un feu rouge de part et d'autre du chantier afin de fluidifier la circulation. En Afrique du Sud, ils ont profité de l'opportunité pour occuper deux personnes supplémentaires. Nos feux rouges sont remplacés par deux braves gars muni d'un talkie-walkie et d'un panneau sur lequel on peut lire « GO » d'un côté et « STOP » de l'autre.

Sur les voies rapides, lorsqu'il y a des travaux sur 200 mètres, l'état engage 12 personnes. Deux personnes qui creusent, rebouchent, réparent...etc. Les dix autres sont alignés tous les 20 mètres et agitent un drapeau rouge pour avertir les automobilistes...

Il existe des dizaines d'emplois de ce genre et le salaire moyen mensuel ne dépasse pas les 250 à 300€. Cette somme ne permet à personne de vivre décemment et n'est certainement pas suffisante pour les sortir de la misère. Si le pouvoir en place voulait réellement les aider alors ils créeraient deux fois moins de jobs et doubleraient le salaire. Une personne pour dix emplacements, un employé tous les 40 mètres pour avertir les automobilistes, un pompiste pour deux pompes... serait bien suffisant. Malheureusement, la motivation des dirigeants réside plus dans l'étouffement de la révolte grandissante que dans une réelle volonté d'améliorer le quotidien de la population.

Les Sud-Africains sont très actifs dans la protection de l'environnement, parfois trop... Petit rappel de l'extrait du Routard, déjà publié dans l'article sur le Kruger :

« ...,l'opinion publique, qui occulte souvent les problèmes de pauvreté, de sida, de sous-éducation ou de tout autre calamité sociale se déroulant un peu plus loin que le bout de sa rue, est capable de se mobiliser en masse au moindre bébé phoque qui vient s'échouer sur une plage. Les baleines sont hyper protégées (tant mieux), mais des centaines de milliers de personnes n'ont qu'un robinet commun au bout de la rue pour se laver. On n'est pas à un paradoxe près. Après tout, en France la SPA a été créée 3 ans avant l'abolition définitive de l'esclavage... »


Dans le même état d'esprit, nous avons participé à une action visant à replanter des arbres dans toute l'Afrique du sud. Le gouvernement a dépensé des millions de rands pour octroyer 10 arbres à chaque école. J'ai refusé de participer au projet après le deuxième établissement car, en réalité il ne s'agissait pas de TOUTES les écoles mais uniquement de celles (privées) peuplées de riches étudiants issus, pour la plupart, de la communauté blanche. Les deux dans lesquelles nous sommes allés, étaient implantées au milieu de beaux parcs abritant de vieux arbres centenaires et où les élèves, aux regards vides et engoncés dans leurs uniformes datant d'une autre époque, n'avaient visiblement rien à cirer des arbres que nous amenions. Le parc, lui n'en avait par ailleurs nullement besoin. Je me suis ensuite renseigné sur les destinations à venir et pas une école de township ne figurait au programme... Pourtant, y ayant passé une journée, je peux vous assurer qu'ils ont bien besoin d'égayer les alentours ! De plus, quand vous voyez avec quelle joie et motivation ces jeunes cultivent la moindre petite salade pour pouvoir manger à midi, vous vous dites qu'un petit arbre fruitier leur ferait bien plus plaisir que d'aller planter un charme dans le parc de petit bourgeois qui n'en ont cure... Le reste du groupe attendait manifestement qu'une grande gueule fasse la remarque pour emboiter le pas... une fois de plus la grande gueule se fut moi... {#}

Je ne résiste pas au plaisir de vous faire part de quelques petites cocasseries comme un panneau photographié le long d'une grand route et vous mettant en garde sur la traversée de... personnes en état d'ivresse. (Voir photo Facebook). Ou encore un panneau indiquant que vous rentrez dans une propriété privée à vos risques et périls. Non pas à cause d'un chien dangereux mais... du risque d'y croiser un hippopotame ! (Voir photo Facebook) Sur la route, chez nous, nous croisons encore de temps en temps des passages à niveaux, en Afrique du Sud, vous avez parfois un STOP en plein milieu d'une ligne droite et vous avez intérêt à bien le respecter car parfois il s'agit d'un croisement avec une voie ferrée (Voir photo Facebook) ! En bord de route, on trouve encore des personnes ayant de petits jobs c'est ainsi que, par exemple, vous trouverez des réparateurs de frigidaires (Voir photo Facebook)...


Notre projet :

Cette aventure ayant débuté par la construction de notre projet de vie, il me parait important de faire le point de la situation.

Fini les idées d'hôtel ou guesthouse en Afrique du Sud ou ailleurs... Nous avons adoré le pays mais, pour diverses raisons, ne pourrions y vivre en permanence. Tout d'abord, la situation politique, bien que très stable pour l'instant, ne m'inspire pas trop confiance. Ensuite, les relations tendues entre la communauté noire et blanche nous indisposent beaucoup et, quelles que soient les bonnes ou mauvaises raisons des uns et des autres, nous ne sommes pas là pour juger et ne voulons pas y être mêlés. Y devenir résident implique que nous devrions scolariser France en Afrique du Sud et les écoles privées que nous avons pu voir ne rencontrent en rien nos principes et ne constituent pas le lieu idéal d'épanouissement pour notre fille. Quant aux écoles du bush, malheureusement, elles n'offrent qu'un enseignement très limité. D'autre part, notre soif de découverte du monde et d'autres cultures est en opposition avec la sédentarité requise pour mener à bien un quelconque projet touristique.
Cette évidence nous a rapidement sauté aux yeux et, sur place, nous n'avons cessé de chercher un compromis nous permettant de joindre l'utile à l'agréable.

Quel projet nous permettrait de revenir en Afrique du Sud, d'aider une école dans le bush (Kopi School), de participer à la protection animale, à la conservation de l'environnement et de voyager ?

Une seule réponse s'est imposée à nous..., la création d'une fondation ayant pour but de faire découvrir l'AfdS (et, dans le futur, d'autres parties du monde, si possible...), d'éveiller les participants à la protection de l'environnement et de construire une école digne de ce nom aux petits enfants de Kopi School que France souhaite vivement aider. Nous avons une idée assez précise quant à la façon de monter cette fondation mais nous attendons d'abord de voir de quel bois se chauffent nos administrations et ce que nous serons réellement autorisés à mettre en place...
Nous en dirons plus dès que les bases en seront jetées, espérons que ce ne soit pas une mèche mouillée...

J'ai souvent entendu dire que la vie s'arrêtait lorsque nous n'avions plus de buts, ni d'espérances en l'avenir... alors, si ce projet nous permet d'avancer, il aura déjà rempli une part de son rôle... Blog de pan-faunus : Oser changer de vie, 20* Premier bilan.

...to be continued...

A+, Laurent.
(free Tibet)

 

mardi 25 octobre 2011 10:53 , dans Notre projet...


19* Jaws...

Blog de pan-faunus :Oser changer de vie, 19* Jaws...

A la fin de notre semaine à ORCA, nous avions décidé d'aller à la rencontre d'un des prédateurs les plus redoutés... Bien que sa réputation soit surfaite et que, comme la plupart des animaux sauvages, il ne constitue pas un réel danger pour l'homme, ce dernier est le héros de bon nombre de légendes urbaines et autres récits sanglants. Je parle, bien entendu, du "Grand Blanc". En tant que membre de la fondation ORCA, nous bénéficions de réductions conséquentes pour cette attraction touristique qui n'a rien de scientifique... Touristique oui mais également respectueuse du milieu marin car nous irons à la rencontre du "Grand Blanc" dans son milieu naturel, appelé ici le "garde-manger". En effet, à une centaine de mètres de la plage, émerge un ilot surpeuplé d'otaries à fourrure du Cap, le met favori des requins. Comme précisé dans l'article précédent, les requins, moins rapides et agiles que les otaries, doivent les prendre par surprise s'ils veulent y goûter et n'ont une chance de les attraper qu'en surgissant soudainement des eaux troubles.
Prêts à en découdre avec nos plus effrayantes phobies et donc, surtout avec nous-même plutôt qu'avec l'animal, nous quittons d'un pas décidé Plettenberg pour rejoindre, après 200 kilomètres, celle de Mossel Bay. Arrivés sur place, on nous offre un petit déjeuner sans oublier, avec humour (noir, si je peux me permettre...{#}), de nous avertir qu'il s'agit peut-être du dernier... Nous visionnons un petit film promotionnel après quoi notre guide nous explique brièvement ce qui nous attend et nous donne les consignes de sécurité. En résumé, il faut savoir que ce sont des animaux sauvages et, par conséquent, imprévisibles. Ils ne peuvent dès lors pas nous promettre d'en voir (même si près de 300 « White Sharks » sont régulièrement répertoriés dans la baie...) et si, par malheur, nous n'en rencontrions pas, il n'y aurait aucun remboursement... sans blague ! Pour le reste, à moins d'être un abruti congénital, il faut noter qu'en aucune manière il ne faut essayer de caresser les requins... {#} 
Ayant bien pris note de cette dernière consigne, nous montons à bord d'un petit bateau de pêche à l'arrière duquel est fixé une cage métallique qui a manifestement déjà été ressoudée en plusieurs endroits... tout ce qu'il faut pour me rassurer...slurp {#} ! Les rochers étant fort proches du port, nous y arrivons après quelques minutes seulement, mais suffisantes pour rendre malade les plus sensibles. {#}
Après avoir jeté l'ancre, un des marins, mélange de l'eau de mer aux entrailles de poissons afin d'amorcer à la manière d'un carpiste. Il ne faudra que 3 à 4 minutes avant de voir apparaître le premier squale, vite rejoint par un deuxième individu, d'une taille similaire ; environ 2.5 mètres. Leur arrivée donnera le feu vert à la mise à l'eau de la cage. Nous sommes douze prétendants et il n'y a de place que pour 6, nous formerons donc deux groupes. L'équipe ORCA étant constituée de 6 personnes, nous décidons, courageusement, de faire partie du deuxième groupe, juste au cas où... {#} France, fortement refroidie par la température de l'Océan Indien, s'inquiète de savoir si, comme pour les otaries, elle sera contrainte à renoncer après quelques minutes. Je la rassure en lui promettant que la combinaison que nous allons recevoir aujourd'hui est plus couvrante et épaisse mais en lui précisant également que je n'avais jamais dit que l'eau serait chaude... (rien à voir avec la Mer des Caraïbes lors de notre sortie avec les requins baleines !!!) L'amorceur lance une tête de thon fixée à une corde et la ramène en passant devant la cage amarrée à bâbord à l'aide de simples cordages. Les six premiers « désignés » volontaires par nos soins ({#}Hiiii), sautent dans la cage, armés de leurs caméras étanches et, suivant les individus, de plus ou moins de courage... Durant plus de 30 minutes, les requins se lanceront à l'assaut de l'inaccessible tête de thon que notre homme d'équipage aura plaisir à soustraire, à la dernière seconde, aux dents acérées des requins... A une reprise seulement, un « chanceux » prendra néanmoins notre marin de vitesse, coupant net la corde d'un coup de mâchoire ! Du deck supérieur, j'aurai tout le loisir de prendre énormément de clichés que vous pouvez visionner sur mon Facebook (Laurent More).

Nous peinerons quelque peu pour enfiler les combinaisons mais cela en valait la peine car, malgré une eau glacée, nous ne souffrirons pas du froid. France retournera même une seconde fois dans la cage avec Catherine... quant à moi, j'en profiterai trois fois ! Quelques requins plus excités cogneront violemment la cage qui, heureusement pour nous, tiendra bon. Nous aurons le privilège d'avoir la visite d'un troisième requin toisant un bon 4 mètres... ! Contrairement aux deux autres, il chassera en solitaire et ses attaques seront beaucoup plus tranchantes. Nous avons d'ailleurs tous été très surpris de la force avec laquelle il percutera notre cage la première fois. Sur les photos vous constaterez que "Jaws" est blessé au nez et à la mâchoire inférieure. Ces blessures ne résultent pas des coups dans la cage mais probablement d'attaques et/ou bagarres avec ses congénères. Sur les photos, on peut se rendre compte de la tactique employée, c'est à dire; surprendre sa proie en surgissant soudainement des profondeurs... brrrr {#}
La cage est constituée de deux barres intérieures pour éviter de s'accrocher aux barreaux et de laisser un doigt voire une main dans l'aventure... Une fois les adultes descendus dans la cage, c'est au tour de France de nous rejoindre. Tout naturellement, elle s'est agrippée à la barre devant elle pendant que je m'occupais des derniers réglages de la caméra sous-marine. Consciencieux, j'ai fait un premier essai en filmant l'intérieur de la cage et lorsque j'ai visionné ma prise, je me suis rendu compte, avec effroi, que France était trop petite pour atteindre la barre inférieure et que ses jambes passaient tranquillement à travers les barreaux comme pour appâter encore mieux nos amis affamés.... gloups {#} !

Je scrutais la tête de thon droit devant moi depuis facilement 3 minutes espérant une nouvelle attaque lorsque, lassé d'observer la carcasse du poisson, je tombe face à face avec un énorme œil noir... Le requin passe tranquillement devant la cage comme s'il nous observait... Avec le recul, c'est probablement le moment que j'ai préféré et me demande encore qui regardait qui...? Après plus de deux heures, nous avons pris congé de ces magnifiques créatures, des souvenirs plein la tête...

Isabelle, notre amie Suisse, nous avait fait la joie de passer la dernière journée en notre compagnie. Nous avons opté pour une randonnée le long de la côte avant de nous restaurer dans une petite auberge du "Routard" qui propose une cuisine variée à base de produits de la mer avec, en prime, une superbe terrasse en bordure d'océan Indien (idéale pour observer les baleines australes). Une fois encore, les « au revoir » seront difficiles et feront couler les larmes...{#}

Lundi matin, nous devions prendre possession de notre véhicule de location à 8h30 mais un appel reçu à la fondation nous apprenait que 18 personnes avaient annulé leur sortie en mer. Toute l'équipe était donc conviée à rejoindre le port pour repartir à la rencontre des cétacés.
Malheureusement pour nous, cette dernière sortie fut infructueuse. En effet, le climat plus chaud de ces derniers jours a sonné le signal du départ pour les baleines; il est temps pour elles de migrer vers le nord.

Nos trois derniers jours en Afrique du Sud, nous parcourons près de mille kilomètres à la découverte de l'Eastern Cape. A Addo, nous logerons chez Daniel qui nous réconciliera avec les Français à l'étranger tant il est diamétralement opposé au dernier rencontré à Johannesburg... Son guesthouse est remarquablement bien tenu et, même si les alentours ne sont pas très pittoresques, la nuitée sera très agréable. Nous avions l'intention de visiter le « Sea View Lion Park ». Très judicieusement, Daniel nous le déconseillera et nous orientera plutôt vers « Daniell Cheetah Breeding farm »; un élevage de guépards où France pourra avoir des contacts privilégiés avec ces splendides animaux. Il faut savoir que le guépard est le seul félin domesticable compte tenu de sa proximité génétique avec les canidés. Il se rapproche en effet plus du chien par ses habitudes, son naturel plus doux et plus éducable que celui de la plupart de nos chats... Nous pourrons donc caresser et papouiller une charmante femelle qui n'arrêtera pas de ronronner de plaisir !
Cerise sur le gâteau, le centre vient de recueillir deux lionceaux de 4 semaines que France et Catherine ne voudront plus lâcher... (Voir photo Facebook).
Quant au "Sea View", il s'avèrera bien décevant... Aucune information, animaux parqués dans de petits enclos... bref, à fuir au plus vite après ce que nous venons de vivre ici ! Nous nous hâtons donc en direction de Knysna, notre prochaine étape. Se hâter c'est sans compter sur la seule et unique barrière de péage de Tsitsikamma ! Tout naturellement, je présente ma carte de crédit au guichet mais l'employé me signale : "Sorry, your card is denied"... Aucune de nos trois cartes ne fonctionnera et nous n'avons plus la moindre monnaie sud africaine, hormis des euros... Nous voilà bloqués au péage d'une autoroute pour....35 rands autrement dit 3.5 € ! Au guichet on me dit que seules les cartes Africaines sont acceptées et que je dois retourner 25 kilomètres en arrière pour trouver le premier distributeur. Je ne me démonte pas et propose à la charmante employée de prendre mon billet de 10€ en lui expliquant que cela vaut 100 rands et qu'elle n'a qu'à garder la différence. Avec un grand sourire elle me dit qu'elle ne peut accepter et que je dois faire demi-tour. Etant têtu, je coupe le moteur en disant que je n'ai pas le choix et que je vais dormir sur place, espérant ainsi débloquer la situation pour ces malheureux 3.5€... et bien "Akuna matata"... il en faut plus pour les stresser et ils me font comprendre qu'alors ils fermeront le guichet et ouvriront le suivant... ! Là, je dois bien m'avouer vaincu et me résigne à faire demi-tour sur l'autoroute. Ayant parcouru 5 kilomètres, France me rappelle qu'elle a trouvé un billet de 50 rands sur la plage et que je l'ai mis dans ma poche... Ouf, merci Pouchi {#} Retour au péage en à peine 5 minutes ! Inutile de vous décrire la tête de l'employée... !

Knysna est une cité balnéaire huppée et nous séjournerons dans le seul guesthouse de luxe de notre voyage. Attention, les prix restent néanmoins des prix Sud Africains c'est-à-dire que la nuit et le petit-déjeuner très copieux ne dépassera pas les 80€ pour nous trois !

Le lendemain, nous bouclons la boucle et arrivons à Mossel Bay pour notre dernière nuit en Afrique du Sud. Vue sur notre « île aux requins » et dîner composé de poissons locaux (yellowtail, butterfish, angel fish, kingklip, crayfish...), nous profitons une dernière fois de l'Océan Indien au sud du Sud... Rien ne nous a vraiment manqué durant notre séjour mais le poisson... bien ! (il faut avouer que le poulet tous les jours, c'est finalement assez lassant...)

Le retour fut très long, nous avons quitté le guesthouse à 8h30 pour rejoindre l'aéroport de "George" où nous déposons notre véhicule de location. ( Merci "Europcar", pas le moindre soucis et une note de 53€ seulement, assurance comprise, kilométrage illimité pour 4 jours ! ) Nous reprenons un vol intérieur en direction de Johannesburg où nous devrons patienter de 12h00 à 21h50... Arrivée à 6h30 au Caire et nouveau transit durant plus de 4 heures en attendant le vol retour vers Bruxelles où notre "Bruno" est venu nous chercher vers 16h... Il s'est écoulé plus de 33 heures entre le départ du guesthouse et notre arrivée à la maison... !

Dans l'article suivant, je vous parlerai de certaines différences marquantes entre nos habitudes et celles rencontrées en Afrique du Sud. Je vous parlerai également de nos projets et de l'évolution de ces derniers depuis que l'idée de changer de vie nous a frappé de plein fouet. Cet article ne sera pas le dernier, nous repartirons rapidement car une partie de nous-même est restée sur place...

...to be continued...

A+, Laurent.
(Free Tibet)

 

jeudi 29 septembre 2011 13:52 , dans Notre projet...


18* Otaries du Cap.

Après une heure trente de vol nous atterrissons à « George » où nous attendait un charmant retraité, qui arrondit ses fins de mois en jouant les « taximan ». Durant l'heure de route entre l'aéroport et la fondation ORCA (Ocean Research Conservation Africa), notre chauffeur, prenant son emploi très à cœur, nous expliquera comment cette récente activité lui avait ouvert les yeux sur sa région et quelles étaient les curiosités à ne pas rater autour de Plettenberg Bay. En nous quittant, il n'oubliera pas de nous laisser sa carte de visite en nous recommandant vivement de passer par lui si nous désirons faire l'une ou l'autre activité afin de bénéficier des meilleures conditions. Mon côté suspicieux me laisse penser qu'en guise de réductions, nous aurons essentiellement droit à une légère augmentation permettant de rémunérer ses services... {#}
Le responsable de la fondation est un jeune gars très dynamique et sympathique nommé « Luigi ». Il s'excusera de nous accueillir en nous pressant mais il vient de recevoir un appel du port et un bateau larguera les amarres dans 30 minutes. Si nous voulons faire partie de l'excursion, nous avons juste le temps de jeter nos valises dans notre chambre et de sauter dans sa voiture. Contrairement à ce que nous pensions, ORCA ne dispose d'aucun bateau. Ils ont un accord avec une compagnie qui emmène les touristes en mer deux fois par jour à la rencontre d'otaries, dauphins et baleines. Tous les matins, on passe un coup de fil pour savoir s'il reste de la place à bord. En fonction du nombre de places disponibles, un groupe de volontaires embarque avec le matériel nécessaire au recensement c'est-à-dire...l'appareil photo. Une fois de retour, les photos seront analysées et nous essayerons d'identifier les individus. Voilà pour la théorie, nous parlerons de la pratique plus tard...
Luigi n'ayant pas eu le temps de nous informer des procédures, nous dit de profiter de cette première sortie en mer et de prendre un maximum de photos mais surtout de plaisir. Au port nous rencontrerons d'autres membres de l'équipe et, en plaisantant, je me présente en tant que « Lorenzo » car, visiblement, pour travailler ici il faut avoir un prénom italien ! En effet, outre Luigi, je ferai connaissance avec Nino, Mario et Toni... {#}
Equipés de nos gilets de sauvetage, nous nous dirigeons vers la côte où nous attend un hors-bord posé sur le sable. Une fois bien installé, un tracteur pousse l'embarcation à l'eau et les puissants moteurs nous emmènent rapidement vers le large. Le bateau prend la direction d'un ilot rocailleux où l'on nous assure pouvoir contempler des « Seals ».
J'en profite pour faire un petit aparté sur les confusions qu'engendrent parfois les traductions de l'Anglais au Français. « Phoque » se traduit en Anglais par «non-ear Seal » et « Otarie » se dit « Ear Seal » (phoque à oreilles) mais par facilité et/ou fainéantise, les anglophones disent « seal » pour l'un comme pour l'autre. C'est pourquoi, la plupart des étrangers affirment de toute bonne foi avoir vu des phoques alors qu'ils ont vu des otaries... Cette erreur de traduction n'est pas unique et, de la même façon, certains clameront haut et fort : « Si si j'ai vu des pingouins en Afrique du Sud, le guide me l'a confirmé !!! » En réalité, en anglais on emploie le terme « Penguin » pour parler des « pingouins » comme pour désigner les « manchots ». Or les pingouins volent et vivent dans l'hémisphère nord alors que les manchots ne volent pas et vivent dans l'hémisphère sud !!! Plus vicieux encore, les anglophones traduisent « orque » par « Killer Whale » (Baleine tueuse). Or l'orque n'est pas une baleine mais un dauphin... {#}
Un dernier exemple parmi tant d'autre, les Anglais parlent de « Tarentulas » lorsqu'ils mentionnent la « Baboon Spider ». En fait, ils disent « Tarentulas » pour les tarentules comme pour les mygales bien que ces deux espèces soient totalement différentes. Sachez que la « Baboon Spider » est une mygale et non une tarentule !!!
Comme quoi, les Anglais ne nous compliquent pas uniquement la vie avec les pounds, les miles, la livre, la conduite à gauche et Miss Thatchter comme dirait Renaud J.
Revenons-en à nos moutons,....heu à nos baleines. Après un petit quart d'heure de navigation, le skipper coupe les moteurs et le spectacle qui s'offre à nous est grandiose. Des milliers d'otaries à fourrure du Cap se prélassent sur les rochers et nagent devant nous dans un vacarme assourdissant et, il faut bien l'avouer, dans un nuage olfactif digne du poissonnier d'Astérix et Obélix.
Ensuite, nous mettrons le cap vers le large....heu non non, vers la plage en espérant croiser la route de cétacés qui, en cette période, présentent un ballet amoureux gracieux malgré les 30 à 80 tonnes (Moyenne de 40 à 60 T) de graisse à déplacer. De façon très étonnante, les baleines proposent ce spectacle à une cinquantaine de mètres seulement de la plage. Une fois encore nous aurons l'immense bonheur de pouvoir contempler en « live » ce que, jusqu'ici, nous n'avions jamais vu qu'à la télévision et en rêve. Ces immenses créatures volent littéralement sous nos yeux et semblent légères comme des plumes. Par moment elles sortent de l'eau et retombent lourdement dans un terrible fracas, éclaboussant tout dans un diamètre de vingt mètres à la ronde. Les baleines franches australes sont facilement reconnaissables car elles sont les seules à avoir un double évent qui projette un jet d'eau en « ». Régulièrement elles plongent de longues minutes et, tous sur le pont, cherchons à être les premiers à apercevoir leur retour. Les mots me manquent pour décrire la magie de cet instant mais cela constituera un nouveau moment fort de notre voyage en Afrique du Sud !
Le retour sera assez comique car, sans nous prévenir, le skipper stoppera l'embarcation, proue dirigée droit sur la plage et à une centaine de mètres de celle-ci. Après quelques minutes, pendant lesquelles nous nous demandons ce qu'il attend, il met les moteurs en marche et fonce droit sur la plage. Lorsque les passagers se rendent compte qu'il ne lui sera plus possible de s'arrêter avant de s'échouer, tous se mettent à hurler en s'agrippant au siège situé devant eux. Le bateau stoppera brusquement sur le sable : «  Merci d'avoir choisi « Ocean Blue » et nous espérons que vous avez passé un agréable moment »... {#} Notre première journée à ORCA fut sympa et riche en découverte.
Le lendemain, Luigi nous annoncera qu'il n'y a pas de places disponibles sur le bateau mais qu'il est possible d'aller nager avec les otaries !!! N'étant pas certain d'avoir bien compris je lui demande s'il nous propose d'aller voir ou d'aller nager avec les otaries ? Il me confirme qu'il s'agit bien de nager. Tout d'abord je demande si France peut nous accompagner et il me dit que cela ne pose aucun problème. Le temps de digérer l'information, une pensée me glace soudainement le sang... n'est-on pas dans une zone où la densité de « Grands blancs » est la plus importante et les zones où se trouvent les otaries ne sont-elles pas considérées comme étant les garde-manger de « Jaws » ? Ni une, ni deux je fonce poser la question à Luigi. « Oui bien entendu qu'il y a des grands blancs mais là où nous allons ils ne viennent pas chasser car il n'y a pas assez de profondeur et pour chasser les otaries ils ont besoin de les prendre par surprise en surgissant du fond donc ils n'essayent même pas... Et puis quand il y en a un qui s'aventure, Monica, qui nous accompagne, dispose d'un stick électrique pour les éloigner » Me voilà rassuré, après avoir promené ma fille auprès des lions je vais maintenant aller nager dans la même piscine que le « grand blanc »... !!!
Malheureusement, malgré nos combis complètes, les eaux de l'océan Indien sont tellement glacées que France ne supportera cette température que durant 5 minutes maximum. Monica la reconduira à bord pendant que Catherine et moi nageront au milieu des otaries aussi curieuses que jouettes. Souvent elles flottent, tête en bas, en nous regardant de leurs gros yeux globuleux avant de plonger. Parfois elles foncent droit sur nous en ouvrant la gueule et découvrant ainsi leurs belles canines. Les premières fois c'est un peu stressant mais ensuite on se rend compte qu'il n'y a aucune agressivité mais qu'il s'agit juste d'un jeu. Nous resterons plus de trente minutes pendant lesquelles nous serons, par moment, entourés de centaines d'otaries criant, hurlant, plongeant et jouant. Notre deuxième jour à la côte sera lui aussi mémorable...
En début d'article je vous parlais de la théorie concernant notre programme à Orca. La différence entre la théorie et la pratique est, en terme marin, ABYSSALE... {#} ORCA n'a concrètement pas grand-chose de très scientifique, l'étude et le recensement de baleines et dauphins n'est visiblement qu'un prétexte afin d'accueillir des volontaires. Nous sommes réunis dans un bâtiment qui ressemble plus à un « commu » universitaire et les volontaires sont, pour la plupart, des jeunes filles ayant un intérêt pour le monde marin certes mais surtout un but commun,... la recherche d'un mec {#} Ocean research conservation Africa devient plutôt Organisme Recherche Copain Amoureux... {#} Le programme de protection des hippocampes consiste en un aquarium à poissons rouges dans lequel batifolent une quinzaine d'hippocampes que nous devons nourrir une fois semaine. Le recensement de baleines n'aura lieu que le mardi de notre arrivée car les autres jours il n'y aura pas de places disponibles. L'activité de nettoyage de plages sera faite juste pour justifier le programme annoncé. Pour se faire, à 8h30 du matin, nous partirons à trois muni d'un sac poubelle et nous serons de retour à 8h52 à la maison. Le sac remplit, l'activité touchait à sa fin après quelques minutes... J Bref, durant toute la semaine nous ne ferons rien du tout ou presque malgré les bonnes intentions de Luigi et de sa sœur qui feront un maximum pour nous occuper. Par contre, la fondation ORCA doit avoir bonne réputation en ville auprès des jeunes célibataires de 18 à 30 ans car chaque soir nous aurons droit à un défilé de mecs venant boire des bières, faire un BBQ et, à l'occasion, dormir ou embarquer une des volontaires pour la nuit... La situation est amusante et heureusement nous avons pu voir les baleines le premier jour et, comme nous ne restons qu'une semaine, nous considèrerons ce break comme étant une semaine de repos après nos émotions et horaires des jours passés. Lors de chaque étape de notre voyage, nous avons rencontré des personnes qui nous auront marqué et avec qui nous espérons garder un contact. Ici, nous avons fait la connaissance d'Isabelle, une Suissesse d'une trentaine d'années qui était là pour le côté scientifique et non pour trouver un compagnon...comme nous, elle essayera de ne voir que le côté positif de la situation et nous passerons une très agréable semaine en sa compagnie.
La semaine se terminera comme elle a débuté, avec une rencontre extraordinaire...


...to be continued...


A+, Laurent.
(Free Tibet)

jeudi 22 septembre 2011 16:33 , dans Notre projet...


17* Du plus grand mammifère terrestre au plus grand mammifère marin..

Blog de pan-faunus :Oser changer de vie, 17* Du plus grand mammifère terrestre au plus grand mammifère marin..

Notre séjour à Makalali a pris fin ce lundi 12 septembre c'est-à-dire 2 mois, jour pour jour, après avoir quitté la Belgique. Les trois semaines passées en zone « big five » auront été palpitantes et marquées de deux aventures exceptionnelles relatées précédemment.
Nous avons appris un tas de choses et avant tout à ouvrir les yeux... En y réfléchissant et en ironisant quelque peu, j'aurais tendance à dire que pour survivre dans le «bush» il faut faire exactement l'inverse que dans nos sociétés dites civilisées. Autrement dit, il est primordial de se fondre dans le décor, de ne pas se faire remarquer, de regarder, d'écouter, de sentir et surtout faire preuve d'une grande humilité. Ceci clôture ma minute philosophique de ce jour... {#}
Une fois encore, notre Bruno a été le plus perspicace et a répondu à la question posée à l'article 15. Pour rappel, l'indice était le suivant : «Cet animal a, à la fois, la plus mauvaise et la meilleure presse du bush. » Qui est-il ? La hyène est, sans conteste, l'animal bénéficiant de la plus mauvaise réputation (la plus mauvaise presse) de la savane. Quant à la meilleure presse, c'est tout simplement en rapport avec la force de sa mâchoire, bien plus puissante que celles des lions et autres prédateurs tels que l'ex de Bruno... (voir commentaire de ce dernier à l'article 11 {#} ).
Nous avons eu la chance de passer plusieurs heures devant le « den » du clan principal (Den= habitat des hyènes, traduit littéralement par repaire). Notre réserve est habitée par des hyènes tachetées dont les plus gros spécimens peuvent atteindre entre 80 et 90 kg. Un clan est dirigé par une matriarche qui choisit un terrier, généralement laissé vacant par un oryctérope (animal nocturne, « aardvark » en anglais) ou, après l'en avoir chassé, elle peut abriter les nouveau-nés. Les adultes sont trop grands que pour y pénétrer et il sert uniquement à protéger les petits de leurs principaux prédateurs; les lions et léopards. Contrairement à ce que beaucoup croient, les hyènes ne sont pas exclusivement des charognards mais également d'excellentes chasseuses. On estime même que plus de 50% de leur nourriture provient de leur chasse. La matriarche, accompagnée d'autres femelles et des mâles, part en chasse en laissant derrière elle des baby-sitters. Le nombre de baby-sitters dépend du nombre de bébés. Les hyènes ne ramènent jamais de nourriture au « den » afin de ne pas mettre en danger les petits en attirant les lions au flair remarquable. Ceci dit, pour y être resté en planque des heures durant, je peux vous assurer que les abords du « den » sont irrespirables. Les petits urinent et défèquent dans le terrier et les adultes, en pleine digestion, régurgitent tout autour les restes non digérés de leurs victimes. L'odeur qui en résulte est tout simplement fétide. Lorsque l'air ambiant arrive à saturation et que même les hyènes ne peuvent plus le supporter alors elles changent de « den ». La hiérarchie établie est très stricte et la matriarche mange toujours en premier, suivie de ses petits appelés quand le diner est servi au son d'un « whoooooooop » strident. Ensuite, viennent les autres femelles, leurs petits et enfin les mâles... Les bébés sont adorables et ressemblent à de petites pluches noires. (Voir photo Face - Album : Août - septembre 2011). Personnellement, j'aime aussi le look des adultes mais je peux comprendre que certains les trouvent repoussants car un peu « disproportionnés ». La complexité de leur langage est également remarquable et leurs cris résonnent à des kilomètres dans la nuit. La rivière, située à quelques encablures du camp était, chaque soir, le théâtre de tragédies ensanglantées. Quotidiennement, nous avions droit à une douce berceuse constituée des cris d'alarme des babouins entrecoupés des appels des hyènes ou des rugissements des lions, le tout rythmé par le chant des grenouilles qui comptaient les points.
L'organe sexuel féminin est, lui aussi, très étonnant. Il ressemble à un gros pénis, plus gros que celui des mâles afin de pouvoir les y accueillir... {#} Le plus effrayant est que lors de la mise bas, les bébés n'ont que cette issue afin de venir au monde et c'est, paraît-il, très douloureux. Beaucoup de jeunes mamans ne survivront pas à leur premier bébé. Par la suite, l'orifice dilaté facilitera les naissances. Il y a énormément de choses à apprendre sur ces animaux méconnus de la plupart d'entre nous et trop souvent caricaturés. Je n'ai malheureusement pas les connaissances pour vous en dire beaucoup plus à leur sujet mais j'aimerais cependant démonter quelques légendes urbaines les concernant. Les hyènes ne s'attaquent jamais à l'homme sauf si ce dernier est grièvement blessé et inerte ou tellement endormi sur le sol qu'il semble mort... Les histoires de hyènes attaquant des campeurs n'ont existé que dans les studios « hollywoodiens ». Une hyène, ni même un groupe de hyènes, ne s'approcheront jamais d'un homme debout et les seuls accidents répertoriés se sont déroulés avec des personnes dormant à la belle étoile et confondus avec des cadavres. Elle est tout autant curieuse que peureuse. A Makalali, elles visitent régulièrement le camp durant la nuit et, un jour, un des volontaires ayant laissé sa tente ouverte à eu la surprise d'en être tiré dehors par une hyène trop curieuse et voulant jouer avec son sac de couchage ! Le malheureux s'est réveillé en sursaut et lorsque la hyène s'est rendue compte que son jouet parlait et gesticulait, elle a pris ses pattes à son cou pour disparaître au plus vite !
Notre travail varié nous a permis de reconnaître rapidement les habitants du bush et, si possible, à en déterminer le sexe, ainsi que qu'à en estimer l'âge. Maintenant, nous sommes capables (France y compris), en un coup d'œil, de distinguer (noms en Anglais) un «steenbok» d'un « duiker», un «kudu» d'un «nyala», tant femelle que mâle, de distinguer une «civet » d'une «genet» mais également de faire la différence entre une «small spotted genet» et «large spotted genet», de voir au loin un «side-stripped jackal» ou un «black-backed jackal», de reconnaître plusieurs oiseaux ou rapaces,...etc
Une petite histoire nous a permis de visualiser plus facilement un «waterbuck» : Andrews nous a en effet raconté que dans l'Arche de Noé, les «waterbucks» étaient malades et qu'ils passaient la majeure partie de la journée sur les toilettes. Les babouins, farceurs, ont alors dessiné la lunette des wc sur leurs fesses...{#}
Il est également très difficile de repérer les mâles des femelles chez les zèbres. Les bijoux de famille n'étant que très rarement visibles sauf quand Monsieur... bref vous avez compris {#}. Les Sud-Africains disent qu'ici les hommes portent le string ! L'explication est assez simple. Lorsque vous regardez l'arrière train d'un zèbre et que ce dernier balance la queue, vous pouvez, soit voir une large bande noire, soit une très fine ligne noire entre les fesses. Si elle est large c'est parce que vous y voyez l'organe sexuel de madame et, comme monsieur n'a rien à cet endroit, les fesses se rejoignent et ne laissent apparaître qu'une fine ligne noire comparable à celle que laisserait un string...cqfd {#} D'autre part, si vous croisez un zèbre sans queue ou avec une demi-queue alors il s'agit d'un mâle ayant perdu son appendice en luttant pour une dame.
Un jour nous avons eu la chance de pouvoir taquiner une «baboon spider» (Voir photo Face - Album : Août - septembre 2011). Ces mygales d'une envergure d'une dizaine de centimètres, creusent des terriers de 50 cm de profondeur en forme de « J ». Cette forme leur permet de se réfugier dans la partie remontante en cas de pluie. Si on détruit le terrier alors elle meurt car elle n'en construit qu'un seul dans sa vie. Madame est dans le terrier pendant que Monsieur est à la chasse. A l'aide d'un long brin d'herbe, on chatouille la dame au fond de son abri et elle, de son côté, tente de virer l'intrus. Dans le brin d'herbe, vous sentez directement si le terrier est habité ou non en sentant une force le repousser. Après quelques minutes, et suivant le caractère de l'araignée que vous énervez, la belle, excédée par vos manières, sortira finalement de son antre. Toutefois, si vous vous faites mordre, vous ressentirez une vive douleur durant 30 minutes à une demi-journée suivant la sensibilité de chacun. Malheureusement, le jour où nous avons tenté l'expérience, je n'avais pas mon objectif pour les macros et il faisait venteux, ce que détestent les «baboon spider». Du coup, elle sortait le bout du nez et, sentant le vent, rentrait aussitôt. Sur la photo, vous pouvez néanmoins admirer la grosseur de ses pattes ainsi que deux de ses 8 petits yeux...
Durant un WE, nous sommes allés visiter un parc de réhabilitation du guépard ainsi qu'un parc de reptiles. Le premier était assez comique car, le brave guide qui nous accompagnait n'était pas au courant de nos activités et nous n'étions pour lui, qu'un groupe de touristes. Nous sommes donc montés dans une voiture identique à celles que nous utilisons à la réserve à la seule différence qu'elle n'a pas la moindre griffe et brille comme si elle sortait de chez le concessionnaire. Après les recommandations d'usage, ne pas se lever, ne pas se pencher, rester silencieux,... nous avons débuté la visite et nous attendions à entrer dans une zone où nous pourrions voir les guépards... Et bien non, la voiture passe une première porte et longe des enclos. A un moment, le guide tout excité nous dit : « regardez, regardez, là des impalas» en fait deux petites antilopes broutent paisiblement le long du chemin comme si on les avait attachées à l'arbre pour que tout le monde les voit. Une centaine de mètres plus loin, notre guide s'agite à nouveau : « hé guys a zebra !!! » (hé les gars un zèbre...la traduction c'est pour ma maman qui a beaucoup de mal avec l'anglais... {#} ) On commence à se regarder du coin de l'œil et à chuchoter entre nous afin de décider ou non si on lui dit ce que nous faisons tous les jours... Un rien plus loin, France nous a tous fait rire en anticipant la réaction du guide et en annonçant : «Hé there a nyala and it's a male» (pour maman... « Hé là un nyala, c'est un mâle ») Le guide s'est retourné et nous a regardé d'un air abasourdi...comment la gamine a pu reconnaître un nyala et savoir qu'il s'agissait d'un mâle ? Il n'a plus osé nous présenter les quelques herbivores en bord de route... Malgré toutes les recommandations de sécurité sur lesquelles il avait lourdement insisté, nous ne rentrerons jamais dans une zone pour y voir des guépards mais durant 30 minutes, le superbe 4X4 tournera, sur une route en meilleur état que nos autoroutes belges autour de quelques petits enclos sur où se reposent des félins guère plus dangereux que nos chats de gouttière. Bref, pas terrible mais j'ai quand même pris quelques photos des chatons que je posterai sur Facebook dans un album exclusivement réservé aux photos d'animaux en captivité.
Le «snake park» fut plus intéressant et nous a permis de voir la plupart des serpents d'Afrique du Sud ainsi que de beaux spécimens venant des quatre coins du monde. Un peu partout nous avons été entourés de serpents mais sans nous en rendre compte tellement ils savent se faire discrets. Il y en avait nettement moins au début de notre aventure car pour 80 à 90% d'entre eux ils étaient en hibernation. L'hiver touchant à sa fin et les températures anormalement élevées de ces derniers jours ont fait sortir nos charmants reptiles de leur retraite hivernale.
Un autre WE nous avons quitté le camp durant deux jours pour visiter un centre de réhabilitation dont nous avions déjà entendu parler dans «Ushuaia» et sur « Natural géographic», le centre de «Moholoholo». L'expédition fut sympathique et le centre chouette à voir. Ils récupèrent des animaux blessés et, malgré un intérêt commercial certain, les utilisent comme vitrine de l'Afrique du Sud pour les touristes et dans un but éducatif pour les populations locales, surtout afin de réduire et de sensibiliser les jeunes sur les dégâts irréversibles causés par le braconnage et les activités humaines en général. Ce qui fut le plus marrant c'est que pour cette petite virée, nous avions du louer un véhicule. La conduite à gauche est vite assimilée en ligne droite,... pour les mauvaises langues je préfère anticiper et dire que pour moi c'est peut-être plus facile vu qu'en Belgique déjà je roule toujours à gauche... oui, je sais, je roule trop vite... {#}Ceci dit, avoir le volant à droite et le changement de vitesse à gauche est assez déstabilisant. Deux fois, en reprenant la voiture j'ai voulu entrer du côté convoyeur... Trois fois j'ai mis en route les essuie-glaces au lieu du clignoteur. Finalement, il faut rester très attentif à chaque carrefour et rond-point car les autres usagers n'arrivent pas du même côté que chez nous et il ne s'agit pas de repartir à contre sens... {#}
Une fois de plus, ce voyage nous aura permis de rencontrer des personnes extraordinaires et les adieux de Makalali furent déchirants. Nous pensons très fort à Monica et Andrews (Photo Facebook) que France a beaucoup pleuré lors de la séparation. Nous avons également une pensée émue en repensant à Chad le ranger, Mike et Hélène les proprios, Chad le volontaire du Colorado et Petra une volontaire des Pays Bas mais pour eux, les facilités qu'octroient internet nous assurent de pouvoir garder le contact plus facilement. Ce lundi 12 septembre nous avons quitté Makalali pour prendre le bus pour un voyage de 7 heures en direction de Johannesburg où nous avons passé la nuit chez « Laurent» l'herpétologue tenancier du «French Guesthouse» chez qui nous avions déjà passé notre première nuit en Afrique du Sud. Mardi matin, nous avons pris un vol intérieur avec la compagnie «Kulula», une compagnie low cost Sud-Africaine comparable à Ryan Air. Un taxi nous attendait à l'aéroport de « George» pour nous conduire à ORCA où nous prendrons part durant le reste de la semaine au programme de recensement de baleines et dauphins et de conservation de la faune et flore maritime autour de Plettenberg Bay. Dès notre arrivée, nous avons fait connaissance avec le plus grand mammifère marin de la planète. Dans le prochain post, je vous parlerai de cette merveilleuse rencontre ainsi que de l'expérience surprenante que nous avons pu vivre le lendemain... Suspense... {#}


...to be continued...


A+, Laurent.
(Free Tibet)

mercredi 14 septembre 2011 18:40 , dans Notre projet...


16* Photos.

Blog de pan-faunus :Oser changer de vie, 16* Photos.

Coucou,

Juste un petit message pour ceux qui n'ont pas l'habitude de passer sur mon profil "Facebook" (Laurent More) afin de prévenir que je viens d'y poster une petite centaine de photos accessibles à tous. 

Tous les animaux sont sauvages et toutes les photos sont prises dans leur milieu naturel et non dans un centre de revalidation ou autre sanctuaire.  Je créerai un autre album avec des clichés pris dans un centre de revalidation, un parc pour reptiles, un centre pour la sauvegarde et réintroduction du guépard,...etc

...to be continued...

A+, Laurent.

(Free Tibet)

dimanche 11 septembre 2011 13:38 , dans Notre projet...


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